Enerex propose des méthodes innovantes de mesures et d’interprétation de données magnétiques particulièrement adaptées à l’exploration et à l’étude en archéologie. En effet, l’utilisation d’un système de mesure multi-capteurs permet de couvrir de grandes surfaces et de prospecter sur des zones plus difficiles d’accès pour les acquisitions classiques en gradiomètres ou en magnétomètres scalaires, comme ici sous couvert forestier. Qui plus est, notre expertise et nos solutions software à la pointe de la recherche académique et développées en interne nous permettent d’extraire des données des informations avancées sur les sources des anomalies.
Cas d’étude sur le site de Voellerdingen en Alsace
Localisé sur le territoire de la commune de Voellerdingen, le site archéologique des Rothenstauden présente les vestiges d’un habitat rural de la période romaine. Sur demande des archéologues du laboratoire Archimède (UMR 7044), et afin d’inspecter la zone, des levés magnétiques au sol ont été effectués. L’objectif du projet est de mieux comprendre l’organisation et les limites de cet habitat sous couvert forestier.
exemple de l’étude du site des Rothenstauden (FRANCE)

L’acquisition a été réalisée grâce à un système modulable (multi-capteurs ou mono-capteur) fluxgate monté sur un sac à dos et permettant l’acquisition à pied, par nos opérateurs, d’un ou de plusieurs profils simultanés selon les possibilités sur le terrain. Pour cette étude, deux configurations d’acquisition ont été utilisées :
- pour une prospection de larges surfaces à 1 m du sol, en système mono-capteur ou jusqu’à 4 capteurs, avec des espacements des profils 50 cm à 8 m pour les zones à la végétation la plus dense ;
- pour des analyses détaillées à 25 cm du sol, avec un espacement des profils espacés d’environ 25 cm sur des zones restreintes où la configuration du terrain le permettait.
Après acquisition et traitement des données, les cartes d’anomalie magnétique ci-dessous sont obtenues, avec une résolution basse sur les zones couvertes avec la configuration à large échelle (gauche) et avec une résolution supérieure sur les zones couvertes avec la configuration d’échelle détaillée (droite).



Grâce à l’expertise d’Enerex dans le traitement de la donnée, des cartes du signal analytique ont été produites pour repositionner les anomalies au dessus des sources qui les génèrent et faciliter leur interprétation. Après des interprétations approfondies de toutes les zones et anomalies, on obtient finalement des cartes d’interprétation générale sur lesquelles sont reportées toutes les observations. Sont présentées ci-dessous les cartes de signal analytique et d’interprétation pour l’une des zones prospectées, plus de résultats sont publiés dans l’article issus des travaux.


La prospection à grande échelle révèle de nombreuses anomalies, principalement concentrées à proximité des structures gallo-romaines déjà identifiées. Parmi ces anomalies, certaines présentent des configurations dipolaires, se manifestant notamment sous la forme d’e concentration d’amas ou d’alignements. Elles pourraient témoigner de la présence de niveaux de bâtis, de fours ou encore de lignes d’impacts d’obus. Les anomalies plus diffuses pourraient, pour leur part, correspondre à des remblais, voire à des structures bâties. Leur localisation apparaît en tout cas cohérente avec les autres éléments déjà connus du complexe, notamment les buttes abritant le bâtiment déjà identifié qui sont bien visibles.
Sur les zones hautement résolues, de nombreuses anomalies ont pu être mises en lumière. Certaines présentent une morphologie linéaire, formant parfois des angles droits, et pourraient ainsi correspondre à des parois. Parmi celles-ci, plusieurs présentent des orientations similaires (à ± 10°) à celles du bâtiment résidentiel connu, soit N075°E et N165°E. D’autres limites, notamment de direction N040°E ou N130°E, sont également perceptibles sans lien direct avec un plan de bâtiment cohérent. Ceux-ci pourraient provenir de niveaux de démolition ou de remblais. Enfin, on détecte également la présence d’anomalies dipolaires qui pourrait témoigner de la présence de fours, d’éléments en céramique, d’éclats d’obus ou autre éléments en fer.
Combinés aux autres méthodes mises en œuvre sur le site, les levés réalisés sur le site de Voellerdingen ont ainsi permis de mettre en évidence de nombreuses limites et structures potentielles, contribuant à une meilleure compréhension de l’organisation spatiale de la zone.
Les résultats de cette étude sont publiés dans le numéro 50(1) de la revue Archéosciences. Nous remercions le partenaire du projet de nous permettre de présenter ce cas d’étude : le laboratoire d’Archéologie et Histoire Ancienne : Méditerranée – Europe (ARCHIMEDE UMR 7044 – Université de Strasbourg, Université de Haute Alsace, CNRS).


